PRESS

2018
• « Ce n’est pas parce qu’on est enfermées qu’on doit se laisser mourir », l’Humanité, Marina Da Silva
• « Antiportraits, Réau - Carcéroscopes »,
Télérama, Thierry Voisin, « Festival Vis-à-vis »,
Théâtre Paris-Villette

2016
• « Une photographe en prison », France Inter, interview
with Jean-Philippe Deniau
• « Entre cloître et prison », Grand Format
interactif, Le Monde, Pascale Robert-Diard
• « A travers les murs de la prison »,
Dalloz-Actualités, Thibault de Ravel d’Esclapon
• « L’œil de Clairvaux », Magazine Fisheyes

2015
« Marion Lachaise : L’œil de Clairvaux »,
Photographie.com, Hervé Le Goff

2007
« Silence, on détourne », Les Echos, Myriam Léon

2003
« Lachaise sur ses pieds » Libération,
H-F Debailleux

2002
« Lokust », Le Journal des arts, Nicolas Thély

2000
• « Atypique », Ouest-France, Pierre Giquel
• « La symphonie d’un nouveau monde parallèle
selon Marion Lachaise », La Montagne, R. D.

1998
« Marion Lachaise », Les Inrockuptibles,
Jade Lindgaard

1997
« La fiction en rose », Sud-Ouest,
Valérie de Saint-Do


Entretien Marion Lachaise
from marion lachaise on Vimeo.

Je suis artiste vidéaste. J’ai toujours opéré par hybridations multiples, en créant des installations qui empruntent à plusieurs registres, simultanément. Ainsi mon travail vidéo sur le portrait, nommé «Antiportraits», propose une représentation de la figure humaine au delà de son image sociale dans un ajustage performatif de vidéo et de sculpture. En parallèle, mes questionnements sur le point de vue, «ce qui se voit » et donc « comment on le voit », prennent la forme de petits théâtres, nommés «Vues impressionnées», où se mêlent la photographie et le principe du décor.

Transcender les genres
à propos du travail de Marion Lachaise
de Frédéric Dumond

Des «Vues impressionnées» aux «Antiportraits», de «Barbe-bleue» à «Une nuit de pleine lune au tribunal», le travail de Marion Lachaise déjoue les catégories, pour déplacer le regard, l’absenter de toute forme d’attendu, l’emmener derrière les apparences, dans les profondeurs invisibles des êtres et des lieux.
Elle opère par hybridations multiples, en créant des pièces qui empruntent à plusieurs registres, simultanément. ainsi le théâtre, l’artifice, le décor, la photographie, la vidéo sur écran numérique dans les «Vues impressionnées», qui sont comme des portraits de paysage.
Ainsi la captation vidéo et le travail avec le modèle, le modelage, la sculpture, la projection vidéo dans «Barbe bleue» comme dans les «Antiportraits», chaque pièce présentant comme le paysage mental de celui qui est portraituré.
Dans «Une nuit de pleine lune au tribunal» il y a tout cela lié à une hybridation supplémentaire, celle d’un redimensionnement contemporain de la figure allégorique, chaque individu devenant figure archétypale d’un procès.
Déjà, dans «Jolly Psykrine», un cycle de pièce antérieur, un personnage de speakerine trans-formée menait un jeu ambivalent, à la frontière de plusieurs champs. Déjà, alors, la figure du monstre comme déclencheur, à la fois répulsif et attirant, d’un accès à un autre de la représentation.
Cette figure du monstre est retravaillée dans « Barbe bleue » comme dans les «Antiportraits» : les visages filmés (toujours sur fond sombre) sont projetés en faisceau vidéo sur une sculpture en mouvement et en suspension dans l’espace. Les visages sont déformés, et c’est parce que la visagéité est perturbée que peut se percevoir la psyché, l’intime de chaque être. Parce que le dispositif permet son émergence, toujours subtile, par touches successives, sans que rien de précis ne soit, hors cette sensation de traverser les apparences pour accéder à quelque chose de l’être de chaque personne
Les «Vues impressionnées» sont des sculptures de paysage, travaillant le principe scopique du «Point de vue» via le décor théâtral et ses multiples plans, comme pour déplier le visible, dans un dispositif à nu qui place d’emblée ces sculptures dans le champ à la fois de la scène et des machines de vision antérieures au XXe siècle.
L’enjeu de ces hybridations subtiles, à l’oeuvre dans chaque pièce, est d’entrer sous la surface des êtres et des choses, de faire émerger ce qui ne se voit pas et qui pourtant est là, donne forme à ce qu’on voit : l’invisible comme objet de la représentation.
Un invisible d’émotions, de sensations, de ressorts psychologiques et inconscients, l’ensemble de ce qui détermine les traits de tel visage, la forme de tel paysage.
Se mêlent inextricablement dans cet invisible ce que nous projetons (ce qu’on ressent à voir tel visage, tel lieu) et ce que l’objet de notre regard émet vers nous, la manière dont nous percevons ce qu’il est, selon sa forme, selon les signes qui le constituent.
Comme au théâtre, on retrouve dans les oeuvres de Marion Lachaise cet art d’assembler les médiums. Ici, ce sont la sculpture, la photographie, l’écriture, le livre, la vidéo, la lumière, le dessin qui sont unis au service de la pièce.
On pourrait donc dire : du théâtre, elle fait un medium. Elle déplace la mise en scène dans le champ des arts plastiques. Et comme au théâtre, chaque medium ouvre un chemin d’accès à la psyché.
Dans ses dispositifs créés de manière à «rompre la cohérence du visible» dit-elle, notre pulsion scopique très fortement sollicitée depuis quelques décennies est comme ralentie, le voir retrouve la vision : il pourrait y avoir une dimension mediumnique dans le travail de Marion Lachaise, un rapport au mystère, aux profondeurs des Mystères, quand s’ouvrent un instant quelques accès aux dimensions infinies dont le visible n’est qu’un des plis.

PRESSE

• L'Humanité - janvier 2018

• Dalloz-Actualités
13 juillet 2016
Marion Lachaise, L’OEil de Clairvaux. À travers les murs de la prison. Thibault de Ravel d'Esclapon

Le livre-objet de Marion Lachaise, au gré de photographies, plonge au coeur de l’ancienne abbaye de Clairvaux, devenue prison au XIXe siècle, mais également, par un ingénieux processus de réalité augmentée, la prison actuelle à travers les antiportraits de détenus. Certaines de ces photographies sont visibles jusqu’au 25 septembre au musée du barreau de Paris. Une exposition se tient également à l’abbaye de Clairvaux. La force de l’oeuvre de Marion Lachaise, c’est qu’elle est indéfinissable. Rebelle à toute catégorie, elle ne se moule guère que dans ce terme utilisé pour désigner son travail : l’hybridation. Hybridation, symbiose, enchevêtrement, fusion, mélange ? Peu importe, finalement ; le pari artistique n’est-il pas déjà gagné, au moins en partie, quand l’oeuvre interpelle, quand elle bouscule l’ordre établi ?

L’OEil de Clairvaux est inclassable. Livre, accompagné de contributions et vecteur d’une « réalité augmentée », un « livre-objet » à l’organisation repensée et déconstruite, mais quand même reconstruite autour de l’idée d’une ouverture au centre. Une vidéo donnant à voir ces Antiportraits de prisonniers, croqués sur le vif à partir des ateliers organisés à la centrale. Et, enfin, une application s’agrège à ce mélange artistique très stimulant.
C’est un livre, c’est une vidéo, c’est un peu tout cela l’oeuvre de Marion Lachaise. Ce serait une forme d’installation diront les spécialistes de l’art contemporain, une « installation individuelle » comme l’indique l’artiste elle-même. Mais c’est encore plus que cela ce travail effectué à partir de ce qui se vit et de ce qui se voit dans l’enceinte des murs épais, presque millénaires, de la centrale de Clairvaux. Et puis, arrêtons de tenter de découvrir ce que c’est. Chercher à définir ce concept, l’OEil de Clairvaux. À travers les murs de la prison, c’est déjà lui ôter une part de sa singularité, ce qui fait la marque de sa particularité.

Concentrons-nous sur le propos de l’oeuvre, un propos fort et puissant. Marion Lachaise concentre le regard de celui qui ouvre son livre sur un lieu. L’endroit est inhabituel. Il s’agit de la centrale de Clairvaux, à 70 kilomètres de Troyes. La spécificité de ce lieu carcéral tient à ses racines historiques. La prison est directement logée dans ce qui reste de l’une des plus grandes abbayes cisterciennes de l’Occident, fondée par un « petit moine famélique » (v. J.-F. Leroux-Dhuys) : Bernard de Clairvaux. À travers la série de clichés qu’elle expose, Marion Lachaise a su restituer avec une réelle virtuosité cette adaptation de deux formes pourtant très différentes d’encellulement, une continuité indéniablement permise par cette « architecture de l’isolement » (P. Artières). Dans cet ouvrage qui constitue un véritable objet, au centre du regard, se trouve la maison centrale de Clairvaux telle qu’elle est apparue à Marion Lachaise toujours écrasée par la lumière quand elle s’y rendait. Cette délicate « traversée photographique », selon le mot de l’artiste, à travers l’ancienne prison du Grand-Cloître illustre l’abbaye devenue prison, ce passage de l’architecture conventuelle à l’architecture carcérale. Cette ancienne prison apparaît laissée à l’abandon, un abandon dont le cours inexorable est magistralement arrêté par l’objectif de Marion Lachaise, un peu comme Yves Meffre et Romain Marchand ont su, dans un autre registre, immortaliser Detroit. La patine du temps, le caractère décati de l’endroit n’altère en rien ce que disent ces murs et ce dont ils témoignent : la rudesse des lieux. Et, sur le plan esthétique, le travail de Marion Lachaise est une réussite. La forme de l’ouvrage, qui permet d’ailleurs de se convaincre que le livre, comme objet, a encore un avenir dans le monde numérique, permet une sorte de déstructuration. Lorsque les pages ne sont pas ouvertes en même temps, lorsque l’on fait correspondre une page à une autre, à celle qui n’aurait pas dû être sa jumelle, on tombe alors dans une forme d’art abstrait, composé de motifs géométriques. Une fois remis en place, la réalité brute, terrible refait alors surface. Et en parcourant le livre de Marion Lachaise, on comprend l’éclosion du mouvement de l’humanisme pénitentiaire au XIXe siècle.

Aujourd’hui, il y a la réalité augmentée. L’apport de la modernité. En passant une tablette ou un smartphone sur les pages du livre, se dévoilent les Antiportraits réalisés autour de sept détenus dans l’actuelle maison centrale, à quelques encablures de là (v. S. Faure). Des portraits qui décrivent le quotidien des personnes incarcérées à Clairvaux et qui permettent de comprendre, comme le rappelle madame Taubira dans la préface qui ouvre (qui finit) l’ouvrage de Marion Lachaise, que « ce n’est ni oublier la victime ni lui manquer de respect que de reconnaître l’humanité et l’identité de ceux qui, condamnés par la justice, se trouvent privés de liberté » (v. égal. le texte de D. Salas). La projection qu’ils mettent en oeuvre pallie « l’immobilité contrainte de la cellule » (O. Marboeuf). L’opposition entre l’ancienne prison et l’actuelle, chacune mise en avant
par un moyen différent (photographie et installation vidéo) est saisissante. Le visuel est donc constamment sollicité dans cette oeuvre de Marion Lachaise. Là se trouve l’une des forces de son propos. En plaçant le dispositif oculaire au centre de son ouvrage, en convoquant photographie et vidéo, l’artiste met en lumière un paradoxe qu’elle surmonte avec brio. C’est ce que remarque subtilement Philippe Artières dans ce texte intelligemment dénommé L’oeil captif. « Tout est mobilisé pour que la prison soit le lieu de l’impossible regard. » « L’application de cette “peine de regard” est facilitée par l’architecture. » Pourtant, Marion Lachaise donne à voir Clairvaux, la détention d’hier et d’aujourd’hui. Elle dévoile à nos yeux ce qui est destiné en être soustrait. Clairvaux, avec tout ce que ce nom signifie encore aujourd’hui, est mis à nu. Où l’on comprend le travail salutaire de l’artiste. Où l’on comprend la contribution de l’artiste à la société d’aujourd’hui.


• France Inter


• Grand Format sur le site du journal Le Monde

Revue Etudes
• Magazine Fisheyes
• Photographie.com
• Musée du Barreau de Paris le 1er juin 2016
Rencontre en présence de Emmanuel Pierrat, conservateur du Musée et Delphine Boesel, présidente de l'OIP / 25 Rue du Jour, 75001 Paris
L'intégrale en vidéo.

Entretien avec l'association L'Ilot qui accompagnent les personnes sortant de prison vers la réinsertion.
Entretien avec Résonance Culture
• Délire de l'art - Alexia Guggémos "Quand la prison de Clairvaux donne la parole à ses détenus"
• Art-vidéo "Antiportraits" de Marion Lachaise - Entretien avec la Drac-Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

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 Dalloz-Actualités-13/07/2016     
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 FISHEYE magazine janv-fév 2016     
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 photographie.com     
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 site du Ministère de la Culture     
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 Texte de Frédéric Dumond   2014 
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 Texte de Marion Grebert     
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 Texte de Magdeleine Andricopoulos     
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 colloque 20 juin page1     
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 colloque 20 juin page2     
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 exposition Télémétries / 2007     
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 Ouest France / 23-07-2000     
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 Les Echos / 2007     
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 Libération / 16-05-03     
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 Journal des Arts / 22-11-2002     
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 La Montagne / 2000     
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 Les Inrockuptibles / 07-04-1998     
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 Sud Ouest / 1997